Histoire Naturelle

Publié le par spiritual whisper

    Devant notre maison s’étendait un alpage verdoyant surplombé par une colline. Juste quelques arbres de caroubier s’y éparpillaient. Derrière la colline s’étendait une forêt d’eucalyptus. Ses arbres stoppaient net sur les bords d’une falaise qui se penchait sur le rivage de la mer. L’embarcadère occupait une partie de la plage. Des chalutiers s’ y’alignaient fièrement, arborant mille couleur. Mais ils paraissaient illusoirement minuscules devant la grandeur des vraquiers imposants, qui baignaient à l’autre coté de la digue. Les sirènes de ces mastodontes retentissaient de temps en temps et tout le monde répétaient que « Babbôr » s’impatientait.     

   Exhortés par les sollicitations pressantes de nos sœurs, on partait dans le bosquet durant la saison, en quête d’escargot. Les plus jeune d’entre nous se précipitaient en sinuant parmi les arbustes derrière des papillons, criant en chœur «farâsha ! farâsha» . Mais parfois ils percutaient par inadvertance les quelques abeilles qui étaient là, captivées par les aromes enivrants émanant des fleurs. C’était alors  le drame. Martyrisés par une piqûre d’abeille, Ils revenaient poussant des cris de détresse. Alors tout le monde s’affairaient autour d’eux en clamant: «khnôna ! khnôna ! ». Il parait que la morve avait un effet analgisant ! Dés qu’ont l’appliquait sur la morsure, la douleur s’estompait comme par enchantement. Muni de notre butin en escargot on rentrait a la maison. Souvent on a été récompensés par un cri de «  wîlî! C’est tout ce que vous avez pu ramener ??!! »

   Mon quartier était habité par des gens simples. La plupart d’entre eux étaient des marins pécheurs. A la belle saison ils gagnaient bien leur vie. Ils ramenaient au port beaucoup de sardine du thon et de la bonite. Mais il leur fallaient faire des provisions pour les long mois d’hivers. Durant le mauvais temps, l’océan est pris d’une rage meurtrière. C’était alors le temps de la pénurie. A l’époque, à moins que l’on soit un «qrzâz» aguerri, il était difficile de passer le cap du mois de mars et d’arriver aux confins de l’été, sain et sauf. 
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